Difficile de comprendre pourquoi les hommes débandent, pourquoi l'opium et le Viagra agissent, sans s'intéresser à la physiologie du pénis. Trois cylindres oblongs forment l'intérieur. Dessous, un fuseau élastique, le corps spongieux ; au-dessus, les deux corps caverneux, tous trois riches en capillaires. Ces corps sont constitués d'un muscle lisse, échappant au contrôle conscient, proches de ceux couvrant nos intestins ou l'utérus des femmes. Composés de centaines de milliers d'alvéoles, à la façon d'une éponge, ils sont irrigués par l'"aorte honteuse" (souvenir de l'anatomie du XVIe siècle, sous surveillance de l'Eglise). Ces trois fuseaux extensibles sont enveloppés d'une fibre épaisse d'un bon millimètre, presque ligneuse et multicouche, appelée l'albuginée – du latin albus, blanc– et fait le sexe dur. Au bout de cette tuyère gonflable, la couronne du petit prince, le gland, prolongation du corps spongieux. Cet embout de chair présente une peau fine et diaphane, quadrillée d'un réseau serré, exceptionnel, de nerfs émotifs que chaque homme bénit.

La DE est la dysfonction sexuelle la mieux connue, car elle est la plus étudiée. Les progrès de la connaissance physiologique dans les années 1980 ont permis d’appréhender la physiopathologie de la DE dans la décennie suivante et les études épidémiologiques se sont multipliées parallèlement. Ces nombreux travaux de recherche fondamentale et clinique ont accompagné le développement et la mise sur le marché des inhibiteurs de phosphodiestérases de type 5 (IPDE5) qui ont révolutionné la prise en charge de la DE et in fine rendu possible la naissance de la médecine sexuelle. La mise à disposition des IPDE5 majoritairement prescrits aujourd’hui par les médecins généralistes a en effet fait entrer la sexualité humaine dans la pratique médicale courante, la médicalisation de la sexualité était née.

Depuis la mise à disposition du Viagra®, l’agence d’évaluation des médicaments américaine, la FDA, a fait part aux firmes de sa préférence pour que la mesure de l’efficacité soit attestée par la méthode de l’event-log, c’est-à-dire « par des changements comportementaux observables plutôt qu’en référence à un changement d’état d’esprit. Ainsi, elle a demandé que soient produites des données sur la fréquence des relations sexuelles dans le cas des thérapies à base de testostérone, plutôt que de disposer de mesures de la satisfaction sexuelle [69][69] JENNIFER FISHMAN, « Manufacturing desire : The commodification... ». D’autres chercheurs s’opposent à cette disposition, car ils considèrent que la fréquence des relations sexuelles (l’event-log) n’est pas un bon indicateur de l’amélioration des relations sexuelles, à la différence du questionnaire [70][70] Ibid., p. 215.. Cependant, si l’IIEF est un outil plus fin, il entretient l’idée qu’une mesure objective de questions complexes peut être obtenue. Ce questionnaire pose les mêmes difficultés que les échelles utilisées pour mesurer la dépression et l’efficacité des antidépresseurs [71][71] DAVID HEALY, Le temps des antidépresseurs, Paris, Les.... Il est nécessaire de standardiser la définition de la maladie, alors même que les raisons de l’apparition du problème et ses manifestations sont diverses. Le questionnaire peut être robuste statistiquement, mais le considérer comme un équivalent strict du ressenti et de l’expérience du patient semble abusif. D’autant que l’impuissance concerne une relation entre deux individus. Dans la mesure où le médicament est évalué selon son effet sur un patient, cette dimension est absente de la définition du trouble.
A vacuum erection device helps draw blood into the penis by applying negative pressure. This type of device is sometimes referred to as penis pump and may be used just prior to sexual intercourse. Several types of FDA approved vacuum therapy devices are available with a doctor's prescription. When pharmacological methods fail, a purpose-designed external vacuum pump can be used to attain erection, with a separate compression ring fitted to the penis to maintain it. These pumps should be distinguished from other penis pumps (supplied without compression rings) which, rather than being used for temporary treatment of impotence, are claimed to increase penis length if used frequently, or vibrate as an aid to masturbation. More drastically, inflatable or rigid penile implants may be fitted surgically.
Deuxièmement, les laboratoires sont freinés par l’appréciation de la taille du marché de la pathologie. Au cours des années 1980, l’estimation de la prévalence de l’impuissance est de l’ordre de sept millions d’hommes aux États-Unis, ce qui n’est pas tout à fait négligeable. Mais la demande de soin et l’expression de la plainte supposent que des médecins soient prêts à prendre en charge la maladie. L’industrie pharmaceutique a également besoin de médecins pour accompagner le développement d’un médicament. En effet, les leaders d’opinion agissent comme des prescripteurs sur le marché des médicaments. Non pas au sens où ils prescrivent le médicament, mais au sens proposé par Armand Hatchuel [38][38] ARMAND HATCHUEL, « Les marchés à prescripteurs », in... de conseillers dont l’avis guide les préférences. Or, ce n’est qu’à partir du début des années 1980 que l’impuissance commence à intéresser le monde de la médecine. Tant que les cliniciens ne sont pas présents, les firmes restent sur leur garde. Les troubles sexuels sont considérés comme des problèmes secondaires par les médecins. Ce désintérêt va plus loin car les médecins qui s’intéressent à l’impuissance sont stigmatisés par la communauté médicale.
L'information se doit d'être claire, loyale et appropriée à propos notamment de la physiologie de l'érection, du mécanisme des pannes, du mécanisme de l'anxiété de performance, de la prévalence de la DE. Une évolution de la sexualité avec l'âge est une réalité qu'il faut expliquer au patient, tout en adoptant une attitude de réassurance et de dédramatisation.
Lors du diagnostic de DE, l’appréciation de l’état cardiovasculaire du patient est indispensable, d’une part dans le cadre de l’enquête étiologique et d’autre part dans le contexte d’une prescription médicamenteuse. La question à laquelle il faut répondre est la suivante : le patient peut-il fournir l’effort physique correspondant à celui développé lors d’un rapport avec pénétration vaginale ? Jusqu’à l’orgasme cet effort correspond environ deux à trois fois les dépenses de l’organisme. Au moment de l’orgasme l’effort correspond trois à quatre fois les dépenses de l’organisme. Par comparaison, une marche à 3 à 5km/h en terrain plat multiplie les dépenses de l’organisme par deux à trois. Durant un rapport sexuel, les paramètres cardiaques se modifient. La fréquence cardiaque maximum est de 130 battements/min et pression artérielle systolique maximum atteint 170mmHg. Globalement, l’intensité de l’effort physique lors d’un rapport sexuel correspond à la montée de deux à trois étages .
La dysfonction érectile est associée à une haute prévalence de maladies cardio-vasculaires occultes. De nombreux patients peuvent présenter une DE comme premier symptôme d'une maladie cardiovasculaire sous-jacente et cette DE doit être considérée comme le signal d'alarme de l'existence potentielle d'une cardiopathie ischémique, non encore diagnostiquée. La prévalence de la dysfonction érectile est plus élevée lors de cardiopathie notamment ischémique et de pathologie vasculaire périphérique. Dans l'enquête de Chew, la prévalence de la dysfonction érectile est de 38,1% lors de cardiopathie ischémique et de 56,8% lors de pathologie vasculaire périphérique contre 18,6% dans la population générale [6]. Dans l'enquête de Parazzini, la prévalence de la DE est de 33,7% lors de pathologie cardiovasculaire contre 12,8% dans la population générale [20]. La dysfonction érectile est donc un marqueur cardio-vasculaire et un signal d'alerte. L'étude de Montorsi montre que 49 % des patients ayant une atteinte des artères coronaires documentée par angiographie présentent une dysfonction érectile de manière concomitante et que cette condition conduit par la suite à l'apparition de symptômes angineux dans plus de 70% des cas [17]. Dans une population de patients suivis en cardiologie et présentant une dysérection, 40% d'entre eux ont une coronaropathie. Une autre population de 174 patients avec DE a été suivie à la fois par des urologues et des cardiologues. Parmi ces patients, 30% d'entre eux ont été identifiés comme étant à risque cardiovasculaire intermédiaire ou élevé et le traitement pour leur DE à été reporté en attente d'une évaluation cardiologique ultérieure. De plus ces patients présentaient dans 37% des cas un profil lipidique anormal, dans 24% des cas un niveau d'hémoglobine glycosilée élevée, dans 17% des cas une hypertension artérielle (HTA) non contrôlée et dans 6% des cas une angine de poitrine [26].

Dans les autres traitements, pour les dysfonctionnements érectiles il peut être proposé au patient l’utilisation d’un vacuum qui est une pompe à dépression. Un cylindre est placé sur le pénis et crée une dépression qui fait affluer le sang dans le pénis et pour obliger le sang à rester dans les corps caverneux on met en place un anneau qui serre la base du pénis, anneau qui est retiré à la fin du rapport et il ne doit pas être laissé en place plus de 30 minutes. C’est un traitement mécanique sans aucun médicament et qui est très efficace mais ne peut être proposé qu’à des patients sélectionnés.

Tous les médecins, qu'ils soient généralistes ou spécialistes se doivent de reconnaïtre l'importance de diagnostiquer et de prendre en charge la DE. D'une part parce qu'une bonne prise en charge permettra d'améliorer l'état psychologique de son patient (et de sa partenaire). Mais aussi parce que d'autre part ces troubles sont fréquemment liés à d'autres pathologies qu'il faudra identifier mais qu'il sera alors possible de traiter, augmentant ainsi la qualité du travail du praticien et sa propre satisfaction.
« En 1976, raconte un urologue canadien, j’ai fait mon internat en oncologie, sur la prostatectomie. J’ai vu beaucoup de gens qui développaient de l’impuissance. Ils étaient très anxieux. Et nous ne faisions rien, nous les ignorions. J’ai consulté des livres sur le sujet. Tous, à cette période, expliquaient que l’impuissance était d’origine psychologique. Je savais que cela ne pouvait être le cas puisqu’ils n’étaient pas malades avant d’avoir été opérés [40][40] Entretien avec un urologue canadien, pionnier de la.... »
Au début du XXe siècle, la psychanalyse naissante va opérer une rupture dans la compréhension des troubles sexuels en proposant de nouvelles théories sur leur origine [20][20] SIGMUND FREUD, La vie sexuelle, Paris, PUF, 1912. Les.... Elle a un impact important puisque l’impuissance sera à sa suite pensée comme un problème essentiellement d’origine psychologique. La théorie psychanalytique ne fournit cependant pas de connaissances très précises sur l’impuissance. En effet, les difficultés sexuelles ne constituent pas le cœur de sa théorie et de son activité. Les troubles sexuels sont pensés comme résultant d’un problème inconscient dont ils sont seulement l’un des symptômes, et l’objet de la cure concerne les causes profondes. Parallèlement à cette prise en charge de l’impuissance par la psychanalyse, des travaux explorent l’origine « organique » du problème au cours du XXe siècle [21][21] A. RUBIN et D. J. BABBOTT, « Impotence and diabetes.... Mais les causes organiques identifiées sont disparates (causes vasculaire ou neurologique, diabète, effet iatrogène des antidépresseurs, ou encore effet de la chirurgie) et le sujet est considéré comme n’étant pas du domaine de la médecine. L’hypothèse du caractère psychogène de l’érection est renforcée par l’absence de travaux médicaux.
En médecine alternative, on a vu beaucoup de traitements (plutôt axés sur le symptôme) apparaître... et depuis longtemps (du Bois Bandé au Muira Puama en passant par l’Arginine). Mais les succès ne sont pas toujours au rendez-vous et, quand il y en a (par exemple avec l'écorce de l'arbre ouest-africain Pausinystalia yohimbe), les substances utilisées sont immédiatement interdites à la commercialisation.
se faire poser un implant pénien pouvant être soit gonflé soit semi-rigide (cette dernière option augmente le risque d’un état d’érection quasi-constant). La plupart du temps, la pompe destinée à le gonfler se trouve sous le scrotum pour une discrétion optimale. Ce genre d’implant est tout à fait invisible puisqu’il ne contient aucun liquide. En revanche, il est important de noter que cette opération détruit de façon irréversible le tissu érectile ;
Les médicaments contre la dysfonction érectile ne conviennent pas à tous les hommes. Il importe de discuter avec un professionnel de la santé des contre-indications, des mises en garde et des précautions avant de décider de prendre un de ces produits. Des facteurs tels que l’âge, l’état de santé, les antécédents médicaux ou la prise de certains médicaments peuvent constituer un frein au traitement.
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