Mais malheureusement, de nombreuses causes peuvent enrayer ce mécanisme. On parle alors de troubles de l’érection dont la définition est une diminution durable de la qualité des érections,  c’est-à-dire une incapacité à obtenir ou à maintenir une érection suffisante pour avoir une relation sexuelle satisfaisante. Toutefois, même en cas de troubles de l’érection, il est possible de ressentir du désir, d’avoir un orgasme et d’éjaculer. On ne parle de problèmes d’érection que : 
Jusqu’au milieu des années 1980, les urologues sont peu concernés par les troubles sexuels. L’urologie est une spécialité médicale marquée par son activité chirurgicale. Certains urologues s’investissent dans la pose de prothèses péniennes (un acte chirurgical), cependant ils n’explorent pas le mécanisme fin de l’érection [46][46] CULLEY CARSON, « American contributions to the treatment.... Mais le mode d’action de la papavérine est localisé dans l’appareil génito-urinaire, qui est spécifiquement le domaine de compétence des urologues. C’est la raison pour laquelle certains investissent le domaine. Au début des années 1980, à l’occasion d’un congrès d’urologues [47][47] Congrès annuel de l’American Urology Association, Los..., un intervenant, Brindley, fait la démonstration de l’efficacité de l’injection de papavérine en injectant le produit dans son propre pénis. Toutefois, il n’a été invité que pour divertir la communauté des urologues. L’impuissance est alors source de plaisanterie et il ne s’agit pour les médecins que d’un moment de récréation [48][48] « La communauté des urologues était très sceptique.....
Donnée d'époque, beaucoup de médecins constatent l'influence grandissante du porno dans les troubles sexuels et érectiles des adolescents. Si le cinéma X peut aider un adulte à fantasmer, retrouver les archétypes qui l'enthousiasment, il sert bien souvent d'éducation sexuelle aux garçons de 10 à 18 ans, comme le montre l'enquête récente d'une journaliste de Marie-Claire (Ados : la fin de l'innocence, Géraldine Levasseur, Max Milo, 2009). Pour commencer, le sexe imposant des "hardeurs" traumatise nombre d'entre eux. Ils pensent qu'un tel mandrin donne la norme de la taille. Résultat, les adolescents font des complexes, croient être sous-équipés et ne bandent plus. Beaucoup d'hommes jeunes consultent des andrologues après avoir vu un film porno et demandent à se faire agrandir ou épaissir le sexe. Le pilonnage sexuel des films impressionne aussi beaucoup ces jeunes, qui se croient nuls s'ils ne tambourinent pas leurs copines. Quant aux actrices toutes soumises, rampant aux pieds des hommes, se jetant sur leur pénis, se faisant prendre par plusieurs athlètes bodybuildés en même temps, ils s'étonnent de n'en rencontrer aucune parmi leurs petites amies. La réalité les désillusionne. Alors ils s'accrochent au porno. Et débandent dans la vie. Laissons l'andrologue Marc Galiano, de l'Institut Montsouris, conclure : "Aujourd'hui, après la vague féministe, beaucoup de femmes ne savent plus jouer les courtisanes, donner du plaisir, faire bander les hommes. Quant aux hommes, ils ignorent l'univers de la volupté, des caresses, du tantrisme, savoir se retenir. Certains tombent dans le porno. Il ne suffit pas de leur donner des pilules, il faudrait reprendre toute l'éducation érotique."
Les dysfonctions érectiles touchent 150 millions d’hommes dans le monde et 3,5 millions en France (1). Leurs prévalences augmentent avec l’âge : de 1 à 9 % de 18 à 39 ans, de 2 à 30 % de 40 à 59 ans, de 20 à 40% de 60 à 69 ans et de 50 à 75% au delà de 70 ans (2). La prise charge de ces troubles reste trop peu assurée, d’une part les patients n’osent pas parler de leurs problèmes, et d’autre part les médecins n’abordent pas assez ces questions lors des visites de routine.
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